Ce n’est pas vraiment un bon moment à vivre, toutes ces fois où il faut passer par une bonne prise de tête, une engueulade, une prise de bec, un accrochage, bref une dispute dans les règles, que ce soit au travail, à l’extérieur avec un inconnu, dans la famille ou même dans le couple.

Même si cela peut sembler être un triste moment à passer, il est tout de même bon de noter que cela permet de faire ressortir des points de vue, des facettes de sa propre personnalité bien sûr mais également de l’autre que l’on ne connaît pas ou que l’on ne maitrise pas. Cette part d’ombre qui sommeille en chacun de nous est à prendre comme une part entière de notre individualité et ne doit en aucun cas être refoulée ou confinée, sous peine de créer des traumatismes qui nous rattraperont tôt ou tard. En apprendre davantage sur soi et les autres lors de ces conflits est aussi un moyen pour chacun d’entre-nous de se sentir accepté, entendu et écouté dans ce qu’il a besoin d’exprimer.

Un manque de reconnaissance comme première cause de disputes

Les personnes qui laissent parler leur colère peuvent, par le simple fait d’exprimer leur mécontentement, blesser moralement et spirituellement celui ou celle qui se retrouve être leur cible. Ces tensions alimentent notre peur du rejet, de l’exclusion. La pire chose qui puisse d’ailleurs arriver à un être, dans notre société, c’est de se sentir relégué en dehors du groupe. L’état d’esprit de cette personne passera par des émotions diverses telles que la peur, la tristesse, la haine, la crainte de se voir déconnectée socialement pour un motif aussi futile que de s’être disputée.

Cette peur qui nous domine, celle de se retrouver confronté à un versant inconnu de nous-même, nous fait croire que la colère risque de dissuader les autres de nous apprécier.

Pourquoi tant de frustration avec un état de notre être qui semble pourtant appartenir à notre héritage génétique ?

La colère est une émotion qu’il ne faut pas étouffer sous prétexte qu’elle est néfaste et nous fait peur. Pourtant, les mots « ne t’énerve pas… » sont les premiers qui nous viennent lorsque l’on se retrouve confronté à elle. C’est évident qu’ils ne conviennent pas à la situation même s’ils partent d’un bon sentiment, celui d’apaiser les tensions. Leur effet est inverse à celui attendu/entendu et ils ont même tendance à raviver une crise.

Au contraire, il est bon d’accueillir la colère, même si cela est pénible, car cela permet de dégager un état négatif qui une fois entendu ne refera plus surface. Il est plus pertinent de chercher à dialoguer avec cette colère que d’entrer dans le jeu des petites phrases de plus en plus assassines, afin de trouver la clé d’une dispute « saine » et « constructive ».

Ressentir ce que l’autre subit, plus facile à dire qu’à faire !

Le maitre mot dans la communication de crise est de ne pas avoir d’appréhension à parler de ses émotions. Autorisez-vous à dire ce que vous ressentez réellement, ce que vous intuitez, sans faux semblant. Restez vrai et sincère, cela touchera votre interlocuteur. Retirez toute sorte de jugements et d’invectives de vos propos, cherchez avant tout à entrer et rester totalement en contact avec la personne qui vous cherche des poux dans la tête. Vous verrez que les tensions, même si elles resteront présentes, se réguleront pour entrer dans une phase de dialogue dans la colère.

N’hésitez pas à prendre le temps de bien comprendre la situation, par un silence de quelques secondes par exemple. Vous pouvez également proposer à l’autre de prendre un peu l’air en lui précisant que vous ne vous défaussez pas et que vous attendez son retour pour reprendre le dialogue. Dans ces moments, la colère à tendance à légèrement retomber. Pour ne pas qu’elle reprenne, restez dans l’échange de paroles, si l’autre souhaite encore exprimer ses frustrations.

Une bonne engueulade vous permet de surtout savoir ce qui se passe dans la tête de l’autre. Cela peut vous en apprendre davantage sur le côté obscur de l’autre et sur votre capacité à l’accepter. Il ne s’agit pas d’espionner son mental par le biais de ces instants de colère, mais d’apprendre à mieux se connaitre l’un l’autre dans une honnêteté et une franchise qui ne fera que vous faire grandir dans votre relation.

Il est donc parfaitement possible de vivre une situation tendue de façon à faire émerger une réflexion constructive en commençant par solliciter/recevoir l’attention de chacun.

Toutes les émotions ont leur place, même négatives. Cherchez simplement à déconnecter votre état animal défensif pour vous reconnecter à l’autre, et cela même si vous pensez avec conviction que vous êtes celui qui a raison. Diplomatie et compromis, sentiments et raisonnements, attachements et amitiés doivent forger vos propos face à des divergences de point de vue. Restons nous-même tout en évoluant dans nos comportements sociaux et nous vivrons bien mieux ensemble à l’avenir.

À propos de l’auteur :
Olivier MENDES - Sheluna Consulting

Olivier MENDES

Spécialiste du monde professionnel désireux d’améliorer le quotidien de tous. Lean manager certifié Lean Six Sigma, disciple d’une philosophie Ikigai et Kaizen, j’ai plus de 20 ans d’expertise dans le monde du conseil et du management comme Change manager et Chef de projets.