Un jour, presque par magie, vient un âge où nous apprenons à tracer les mots avec nos mains pour exprimer nos ressentis et bien plus à travers l’écriture. Notre communication évolue d’un pas de géant en passant du gribouillage chromatique et autres dessins conceptuels à un tout autre niveau : celui d’être capable d’échanger nos pensées à travers des mots sans avoir besoin de les prononcer.

Sans tenir compte de la facilité des échanges par le biais de la parole, je ne connais pas de meilleur moyen de traduire correctement ses idées que par l’écriture. Nos émotions sont bien mieux maitrisées et ne viennent pas polluer notre besoin d’incarner quelque chose qui nous semble parfois insurmontable lorsque notre bouche prend le relais de nos pensées, parfois en tressautant ou bégayant. Les mots couchés sur papier n’hésitent pas, ne balbutient pas, ils se libèrent de nos bouleversements émotionnels.

Aujourd’hui, ces enfants devenus grands comprennent bien mieux les avantages de pouvoir s’exprimer par l’écriture. Cette capacité est un véritable outil de développement personnel, accessible à tous, qui nous ouvre un espace de liberté voué au partage et l’expression de soi en toute sérénité, sans subir le monde extérieur de plein fouet.

Oui l’écriture est un moyen de se confier au monde.

Les bienfaits d’une thérapie par l’écriture ne sont plus à démontrer. Souvenez-vous de ce bon vieux journal intime qui a encore de beaux jours devant lui, à mon avis. Nous en avons tous eu un, quel que soit son format, virtuel ou bien tangible, il nous permet de poser la totalité de nos pensées, sentiments, joies, accablements, humeurs, peurs et de les éliminer de nous.

Nos mots sont le psy de notre âme sans le prix de la consultation.

Les lignes noircies de notre parole rédigée nous appartiennent. Elle peut être recopiée, raturée, effacée, déchirée, brulée ou conservée selon notre bon vouloir. Ce contrat de confiance entre notre Moi extérieur et notre Soi intérieur fait que nous nous autorisons alors à nous libérer de toutes nos facettes sans besoin de se justifier. Un processus de transformation de soi se met en place et nous aide à aller de l’avant, si bien sûr nous nous efforçons d’assumer ce jeu de la vérité entre notre conscient et inconscient.

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Nous avons tous eu l’envie, le besoin ou la nécessité, mais aussi la contrainte parfois de nous exprimer à la face du monde, mais lorsque nous avons fait le choix d’un outil de communication, nous avons tous préféré l’écriture, dans un premier temps, car elle nous a permis de poser nos idées, de les arranger et de faire entendre notre voix sans risquer d’être interrompu.

Il n’y a aucune lâcheté dans ce principe d’affirmation, mais une dimension thérapeutique qui donne corps, matériellement parlant, à nos vérités intérieures parfois cachées.

Prendre la plume, son ordinateur ou son smartphone, pour véhiculer nos pensées devient un enjeu de pouvoir. Celui de prendre la parole et d’exprimer son engagement au monde sans que nous en soyons directement impacté.

Un exemple est parfois plus parlant. Dans un accompagnement de coaching, l’écriture vient en complément des échanges verbaux, car elle apporte une vision très souvent bien plus détaillée de ce que le coaché a au fond de lui et n’arrive pas forcément à livrer lors d’une séance. L’écriture prend alors le relais de la parole lorsqu’elle a été censurée par nos freins personnels.

Je m’autorise encore aujourd’hui à coacher de jeunes écrivains qui cherchent à exprimer leurs idées par l’écriture. La plupart de ces écrivains en devenir connaissent soit la panne de l’écrivain, soit une écriture dispersée, car trop d’idées viennent à eux pour qu’elles puissent s’exprimer correctement. Dans ce dernier cas, nos freins, nos angoisses et nos secrets intimes viennent compléter les filtres de nos émotions qui chargent notre mulet avec bien plus de fardeaux que nécessaire. L’écriture devient alors source d’inquiétude pour l’écrivain, car ce qu’il souhaite dire est parfois trop impactant émotionnellement et devrait rester secret.

Quoi qu’il en soit, écrire pour soi, les autres, pour être lu ou simplement pour se libérer d’un poids sur les épaules est un remède facile à prendre, sans aucune contre-indication et parfois même libérateur.

Si vous ressentez ce besoin au bout de vos doigts, si votre esprit fulmine de ne pas pouvoir extérioriser son flux de pensées, je vous conseille de saisir une feuille de papier, un stylo et de prendre le temps. Laissez les idées venir, n’écrivez surtout pas pour parler, mais écrivez pour dire. Ne vous perdez pas dans la futilité de certains obstacles comme celui d’une bonne orthographe, d’une grammaire impeccable ou l’utilisation de beaux mots. Ne vous laissez pas aveugler par la critique des autres sur la qualité de vos écrits. Soyez vous-même, simplement vous-même. Acceptez-vous tel que vous êtes et vous serez déjà sur la voie du bonheur intérieur.

Ecrire pour se connecter à soi
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À très vite pour un prochain billet et n’oubliez pas de faire entrer la magie dans votre vie
Olivier