LES INTERVIEWS
Patrick Guérin, mage depuis 15 ans
Question :
Patrick Guérin, pouvez-vous nous en dire plus sur votre ou vos activité(s) car nous vous connaissons surtout en tant qu'auteur, mais ce n'est pas la seule corde à votre arc n'est-ce pas ?
Réponse :
Depuis 1979, j'exerce l'activité de mage, médium et astrologue. Je consulte tous les jours auprès de personnes qui rencontrent principalement des problèmes dans leur vie affective et professionnelle, des problèmes d'échecs, de jalousie, de méchanceté. Mais je rencontre aussi des personnes qui veulent y voir un peu plus clair dans leur avenir. Ce n'est qu'à partir de 1995, que je me suis mis véritablement à l'écriture. L'activité d'écoute et d'aide est très prenante. Elle remplit mes journées. Je me suis également investi dans la diffusion de produits et de matériaux ésotériques permettant à tous de mettre en place et d'utiliser l'art magique sous toutes ses formes.

Question :
Dans quelles circonstances avez-vous découvert votre attirance vers ces arts ésotériques et depuis combien de temps les pratiquez-vous ?
Réponse :
J'étais très jeune lorsque j'ai eu mon premier contact avec la vie magique. Vers 11 ans, j'ai rencontré un magnétiseur - un rebouteux - qui m'a soigné des muscles déplacés. Dans ma famille, on parlait de ce genre de choses et on avait recours à ces pratiques. Les repas de famille ou les conversations d'adultes étaient toujours pour moi des moments privilégiés d'écoute car je me sentais déjà attiré par ce monde magique. C'est à partir de l'âge de 14 ans que j'ai commencé à recevoir mes premiers enseignements et dès 16-17 ans que j'ai commencé à mettre en pratique ce que j'avais appris. Bien sûr, mes connaissances de cette époque étaient bien loin d'être en rapport avec ce que je suis en mesure de faire aujourd'hui.

Question :
Très souvent des jeunes souhaitent s'initier à la pratique de la magie blanche (ou tout autre art ésotérique) car ils sont très intéressés par ce domaine. Cependant, ils hésitent à se lancer car ils ont peur des réactions de leur entourage proche. Avez-vous eut les mêmes difficultés ? Si oui, pouvez-vous nous raconter en quelques mots comment vous avez vécu cette situation ?
Réponse :
Jeune pratiquant, je n'ai pas vraiment eu de souci pour m'intéresser à ce domaine ni pour commencer à pratiquer. A l'époque, les choses étaient encore cachées. On en parlait beaucoup moins qu'à l'heure actuelle et lorsqu'on le faisait, c'était pour se passer les bonnes adresses et se raconter ses maux et ses guérisons souvent « miraculeuses ». Lorsque j'ai commencé à pratiquer, je n'ai pas fait état de mes connaissances ni de mes croyances, mais je n'hésitais pas à les utiliser lorsque, sur mon chemin, je rencontrais quelqu'un qui soufrait et qui était suffisamment ouvert à ce que je pouvais lui proposer pour le soulager. Il faut replacer les choses dans le contexte de l'époque qui était bien différent il y a 30 ans !

Question :
Avec votre activité de Mage-Astrologue, on se serait attendu à ce que vous écriviez des ouvrages sur ce thème. Pourquoi aborder plutôt la magie blanche, la magie amoureuse... ? L'astrologie d'une manière générale connaît pourtant un plus large public.
Réponse :
Depuis 1995, où j'ai commencé à écrire l'ABC de la magie blanche, je me suis plus attaché à transmettre l'art magique et la pensée magique que l'astrologie. En effet, il paraît très régulièrement d'excellents ouvrages sur l'astrologie et il ne me semble pas nécessaire d'en ajouter un autre. Par contre, il était urgent de sauvegarder la pensée et l'art magiques qui ont tendance à se perdre de nos jours car le bouche à oreille ne fonctionne plus aussi bien, parce que les modes de communication sont différents et que les anciens trouvent de moins en moins de personnes sincères à qui transmettre leurs recettes et leurs secrets. Je me suis donc consacré avant toute chose à sauvegarder l'art magique, à le faire largement découvrir et à en expliquer les modes de fonctionnement pour sauver cette belle tradition de l'oubli.
Il n'est pas impossible que, dans l'avenir, je travaille à un ouvrage consacré à ce que j'appelle l'astrologie occulte. Je pense que nous en reparlerons plus tard.

Question :
Retrouve-t-on dans vos ouvrages des textes qui font appels à votre propre expérience ? Quelles sont vos principales sources d'inspiration ?
Réponse :
Avant d'écrire des livres, j'ai beaucoup pratiqué (et je pratique toujours) et j'ai utilisé de très nombreuses recettes, procédés magiques et rituels qui m'ont été transmis par des gens de savoir et de pouvoir, par des maîtres occultistes, ainsi que par certains grands maîtres spirituels. J'ai eu la chance de rencontrer tout au long de ma vie énormément de personnes de qualité avec qui j'ai pu partager et augmenter mon savoir. Aujourd'hui, il est certain que j'utilise beaucoup de ces recettes et pratiques dans les livres que j'écris. L'expérience m'a également permis de mettre au point certaines pratiques et certaines recettes, d'en améliorer d'autres pour une plus grande efficacité et également de faire certaines découvertes.
La magie comporte une base commune et, lorsqu'on a saisi ce fil et acquis suffisamment d'expérience, il est possible de mettre au point certains rituels ou certaines recettes, tout en respectant la tradition de l'art magique pour leur insuffler le pouvoir.

Question :
Aujourd'hui, de plus en plus de personnes font appel à l'astrologie pour guider leurs actes : cela va de monsieur tout le monde, au chef d'entreprise voir au chef d'état... Comment voyez-vous l'évolution de cette science dans 20 ans ? D'après vous, sera-t-elle plus ouvertement reconnue ?
Réponse :
Effectivement, j'ai vu au cours de ces dernières décennies énormément de personnes d'horizons différents venir me consulter et s'intéresser aux sciences occultes et à l'astrologie. Je pense sincèrement que si l'astrologie fait de plus en plus d'adeptes et que la magie intéresse de plus en plus de personnes, cela est dû d'une part au manque de communication et d'autre part à l'intérêt que leur portent certains médias. Mais dans l'esprit du grand public, ces sciences doivent rester un peu cachées, parallèles. Je ne pense pas qu'elles seront reconnues demain comme des pratiques « officielles » mais qu'elles resteront très utilisées. Je ne pense pas non plus que cela soit un mal, car une trop grande reconnaissance de ces sciences verrait leur perte ou leur dénaturation par les esprits « rationnels ».

Question :
Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur la magie amoureuse, puisque c'est le thème d'un de vos livres ? Certains la classent parmi les magies « négatives » car elle force l'amour d'autrui... N'est-ce pas là une façon « injuste » de jouer avec les sentiments d'une personne ?
Réponse :
Je ne pense pas que les charmes, les enchantements ou l'utilisation des philtres d'amour soient contre nature. Toutes ces recettes magiques vont dans le sens de l'harmonie à l'autre, de l'attirance des énergies et des regards. Nous ne sommes pas là dans la magie des contraintes. Ce sont des moyens traditionnels qui utilisent entre autres la pensée positive et affective en la renforçant. Ils nous permettent d'influencer l'être aimé sans le forcer (en magie blanche). Chacun de nous utilise ses charmes et son énergie pour la conquête et l'amour... L'action magique peut être un atout supplémentaire. Mais elle peut devenir néfaste lorsqu'on rentre dans la magie des contraintes pour imposer à l'autre ses volontés, tels certains envoûtements qui réduisent l'autre à un état de non-vie, comme une marionnette.
Lorsque la magie d'amour est bien réalisée, elle permet de développer les sentiments de l'autre, comme un vent qui vient souffler sur des braises pour réactiver le feu et les flammes. Dans ce cas, elle est tout à fait positive et absolument pas contre nature.

Question :
A votre avis, les arts ésotériques (magie, divinations diverses...) sont-ils ouverts à tout le monde ? Par exemple, en voyance, certains parlent de don. D'après vous, peut-on être un bon sorcier ou une bonne sorcière sans avoir ce don mais simplement en développant ses facultés de voyance ? Si oui comment ?
Réponse :
On peut mettre en pratique certaines recettes et certains rituels de l'art magique sans connaissance particulière, car nous avons tous un pouvoir de pensée, une volonté et une motivation qui nous apporte l'énergie nécessaire pour favoriser le résultat. Cependant, chaque être a des limites qui lui sont propres. Lorsqu'on parle de don, il faut y voir la même énergie que celle d'un peintre, un musicien, un sculpteur. Le don du mage est dans sa créativité, son énergie, sa volonté, et sa puissance est dans son lien avec le divin. Si chacun peut arriver à des résultats, le don fera toujours la différence. Certaines choses peuvent s'apprendre, comme je peux apprendre la musique, mais cela ne fera pas forcément de moi un excellent musicien ou un virtuose. Il en est de même pour l'art de la magie.

Question :
Souvent en magie, les jeunes sorciers et sorcières parlent d'un sentiment, d'une capacité à ressentir les émotions des gens et parlent même d'empathie. Connaissez-vous ce sentiment et comment le gérez-vous ?
Réponse :
En tant que médium, je reçois les flux énergétiques venant des autres. J'ai appris à canaliser ces énergies et à les stopper lorsque je n'étais pas en mode passif. Je n'ai jamais eu de souci pour gérer ces ressentis, car je les ai toujours perçus comme normaux pour moi. Comme j'ai vécu très jeune certaines perceptions et comme j'ai été en relation avec ce monde occulte et magique dès ma petite enfance, l'empathie ne m'a jamais perturbé.

Question :
Avez-vous un nouveau projet d'écriture en cours ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Réponse :
Je viens tout juste de finir un ouvrage pour les Editions Grancher intitulé La Magie de protection. Il décrit et explique toutes les magies de libération d'ondes négatives, de protection contre le mauvais sort, voire l'envoûtement. Sa sortie en librairie est programmée pour mai et je pourrai vous parler à ce moment-là.

Question :
Quel est, en ce moment, votre livre de chevet ?
Réponse :
Je lis Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard, ainsi qu'un livre un petit peu plus difficile sur les Celtes, livre historique. En général, j'arrive à lire deux ou trois livres en même temps car, selon les heures, je suis plus réceptif à certaines lectures qu'à d'autres.

Question :
Avez-vous un commentaire à rajouter pour conclure cet entretien ?
Réponse :
Je suis très heureux que des personnes comme vous s'intéressent à la diffusion de l'art magique et aident à son développement par le biais d'Internet ou d'autres modes de communication. Depuis quelques années, j'ai souvent pensé à proposer mon propre site Internet, mais mes consultations, mes déplacements, l'écriture de mes ouvrages ne m'en ont pas encore laissé le temps. Je sais qu'aussi longtemps qu'il y aura des gens comme vous pour s'intéresser sainement à ces pratiques, l'art magique perdurera, et cela me rassure. La magie est vraiment à la portée de beaucoup, je dirais même à la portée de tous. Il est important de retrouver, grâce à elle, les rythmes de la nature, de savoir écouter ou parler aux plantes, aux minéraux et à tout ce qui nous entoure, pour communier avec le divin.
Retrouver ses racines et vivre harmonieusement avec la nature, savoir influencer certains événements ou certaines personnes grâce aux forces supérieures qui la régissent, c'est un objectif qui a toujours hanté le coeur des hommes qui aspirent au bonheur ici et maintenant. Je suis donc très heureux d'apporter ma contribution et de répondre à vos questions pour encourager tous vos visiteurs à pratiquer peut-être, ou au moins à découvrir cet art ancestral.

Patrick Guérin n'a pas encore de site officiel, mais si vous voulez le joindre, vous pouvez lui écrire à cette adresse mage.guerin@free.fr.
Ma sélection concernant ses ouvrages :